En bref

Au Royaume des Dattes, de la chair au noyau et de la fourche à la fourchette

En quelques mots Au Royaume des Dattes qu’est-ce que c’est ?

Au Royaume des Dattes est une startup qui produit et commercialise des dattes et des produits dérivés à base de dattes, issus d’une agriculture biologique ou naturelle. Elles sont produites dans une palmeraie qui existe depuis les années 1870 près de Biskra, en Algérie. Elle est au cœur du terroir de la datte au Maghreb. Notre but est de promouvoir cette filière agricole en l’inscrivant dans des circuits courts, puisque nous maîtrisons toute la chaîne de valeur, de la production à la commercialisation. Les dattes qui ont la meilleure qualité sont proposées en format snack ou sous la forme de coffrets cadeaux, tandis que celles de second choix sont utilisées pour fabriquer des produits dérivés d’épicerie fine. Nous vendons également nos dattes en gros et en vrac à destination des restaurateurs ou des transformateurs. Nous utilisons aussi les noyaux des dattes : à travers une technologie d’extraction de l’huile qu’ils contiennent, nous sommes à même de les valoriser dans le domaine cosmétique. Ce qu’il en reste peut ensuite être exploité pour nourrir le bétail. Grâce à notre approche par l’économie circulaire, nous pouvons donc intervenir sur plusieurs marchés et optimiser la filière. Cela a un impact direct sur le rendement des producteurs, le fonctionnement de la filière en général et son impact sur l’environnement en particulier.

Comment est née cette idée ?

Jamel a hérité il y a quelques années de la palmeraie familiale et il s’est rapidement rendu compte que l’exploitation perdait un tiers voire la moitié de sa production chaque année à cause de dattes qui n’étaient pas calibrées : elles étaient jetées ou vendues à perte. Il a aussi réalisé que les dattes n’étaient pas toujours valorisées à leur juste valeur sur le marché, alors même qu’il existe une production de grande qualité. C’est dans cette optique que nous développons une marque premium qui promeut le bien-être, la gastronomie et la responsabilité sociétale et que le business model s’est progressivement tourné vers la valorisation des circuits courts et la mise en place d’une économie circulaire, sociale et solidaire. La maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeur nous permet aussi de disposer d’un circuit complètement transparent. A moyen terme, nous pourrons calculer avec précision notre bilan carbone et sensibiliser les consommateurs sur l’impact de leurs achats sur l’environnement.

A quelles difficultés avez-vous été confrontés dans le développement d’Au Royaume des Dattes ?

Il y a avant tout un enjeu, celui de lier deux cultures du produit qui sont différentes. Alors qu’en Europe on se tourne progressivement vers la valorisation de produits bio, locaux et de qualité, sur le continent Africain on tend plutôt vers la transformation des systèmes agricoles pour répondre à une consommation de masse. Il faut donc convaincre nos interlocuteurs de l’intérêt de maintenir des exploitations artisanales, ou de valoriser l’agriculture biologique à travers des certifications.

L’un de nos principaux challenges est aussi de gérer l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production à la commercialisation. Du point de vue logistique, il nous a fallu trouver des méthodes pour optimiser les coûts de transport et de stockage car nous sommes trop jeunes pour travailler à flux tendu. Nous sommes aussi confrontés à des problématiques très spécifiques en termes de packaging : nous étions à la recherche d’emballages qui s’inscrivent dans notre démarche de développement durable, et nous nous sommes rendu compte qu’il n’existait pas d’offre adaptée à notre profil et à notre type de produit. Chacune de ces problématiques représente un métier à part entière et nous avons avancé petit à petit, ça a vraiment été du test and learn !  

Et aujourd’hui quelles sont les prochaines étapes pour Au Royaume des Dattes ?

Nous démarrons en ce moment notre phase de commercialisation à grande échelle. Nous nous concentrons pour l’instant sur l’offre de snack, qui est notre produit phare, et pour lequel nous envisageons une commercialisation par la grande distribution, les marketplace ou encore les salles de sport. Nous travaillons également à une offre de coffrets cadeaux, pour des occasions spéciales comme le ramadan ou des lieux de vente particuliers comme les épiceries fines ou les duty free. Chaque nouvelle gamme renvoie à des méthodes de production, de transformation et de conditionnement spécifiques, ainsi qu’à des modes de transports et des accréditations administratives qui lui sont propres. C’est pour cela que nous développement progressivement notre offre.

En tant que double incubé Smart Food Paris et Economie Circulaire, comment Paris&Co vous accompagne dans ce parcours ? 

C’est toujours mieux, lorsque l’on monte une startup, de ne pas être seul. C’est dynamisant de savoir que nous sommes entourés d’autres entreprises et d’une équipe d’accompagnement qui est attentive et nous conseille. De ce point de vue, nous ne nous attendions pas à avoir une telle richesse d’ateliers thématiques, qui correspondent généralement aux problématiques que nous rencontrons. Nous sommes aussi accompagnés par l’incubateur Economie Circulaire et pour nous c’est très complémentaire, ils nous comprennent sur ces aspect-là de notre activité. Nous sommes donc challengés sur des questions très concrètes comme le packaging, la logistique ou le stockage, et cela nous permet d’avancer beaucoup plus vite.

Votre portrait food ce serait quoi ?

Si nous étions un plat nous serions la Doubara, une spécialité de Biskra à base d’épices, de tomates et de pois chiches

Si nous étions un ustensile, nous serions des mains, parce que dans la palmeraie tout est fait à la main

Si nous étions un aromate, nous serions de la rose et du safran

Un restaurant préféré à nous conseiller sur Paris ?

Tout près de chez Smart Food Paris il y a Les Frères Populaires (46 rue de Buzenval, 75020), qui a un rapport qualité-prix incroyable et dont la cuisine est vraiment bonne et fine. Et nous avons découvert il n’y a pas longtemps Les Cuivres (68 avenue de la République, 75011), un restaurant très bien décoré convivial et vraiment très bon aussi.