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La promo 2019 de Smart Food Paris est arrivée

#Évènement

La nouvelle promotion 2019 de Smart Food Paris a été dévoilée mercredi 5 juin ! Pitchs, tables rondes et dégustations sont venus illustrer les grands enjeux de l’année à venir. Une occasion de découvrir les 16 startups qui ont rejoint l’incubateur.  

Entre l’alimentation et l’innovation, une longue histoire – Introduction par Jean-Pierre Williot, Professeur des universités en Histoire contemporaine à Paris 4 Sorbonne Universités

L’équipe Smart Food Paris a laissé à l’historien Jean-Pierre Williot le soin d’introduire l’évènement de lancement de la nouvelle promotion. Un choix moins paradoxal qu’il n’y paraît, puisqu’au cours de l’histoire des modes de consommation ou encore des goûts que l’on jugerait aujourd'hui classiques sont nés de basculements ou de ruptures liés à des innovations.

Par exemple, quelle image plus traditionnelle en apparence celle de La Laitière, empruntée par la marque éponyme au tableau peint par Vermeer au milieu du 17e siècle ? Ce qui est arboré comme un gage d’authenticité était en réalité l’illustration parfaite pour l’artiste du basculement de la société danoise dans la modernité et la consommation, à travers le recours à des domestiques par les ménages bourgeois et le développement de nouveaux ustensiles de fabrication.

Cette relation ambivalente entre l’innovation et la tradition, qui fait l’objet d’interprétations et de mobilisations variées selon les époques, a posé les jalons des deux tables rondes qui ont suivi cette introduction. Elles ont mis au jour les grands enjeux autour desquels se déploient les solutions proposées par les startups qui intègrent cette nouvelle promotion. Entre chacune de ces tables rondes, les fondateurs de ces startups ont été invités à pitcher en une minute leur proposition de valeur.

Comment le digital favorise-t-il les transactions marchandes dans l’alimentation ? – Olivier Thiebert, fondateur de GOOT et Jean-Paul Mvogo, cofondateur de Zoua, table ronde animée par Marine Pouyat, consultante et administratrice chez Renaissance Numérique

Le digital est souvent au cœur des innovations développées dans la supply chain, notamment en vue de renforcer sa traçabilité. Cet outil tient sa pertinence de sa capacité à impulser des transformations adaptées aux contextes dans lesquelles il s’inscrit.

Le digital peut contribuer à transformer les métiers dans des marchés en mutation. C’est le cas pour GOOT, startup fondée par Olivier Thiebert qui propose des solutions de digitalisation de la communication et des prises de commande entre fournisseurs de boissons et restaurateurs. Dans ce secteur, ces activités sont généralement assurées en face à face ou par téléphone. Ce fonctionnement est aujourd'hui remis en question dans un contexte où d’une part les restaurateurs sont de plus en plus nombreux à chercher à rationaliser leur activité et d’autre part le marché se complexifie du fait de la multiplication du nombre de produits mis en vente. La digitalisation facilite les transactions marchandes dans la mesure où elle permet aux fournisseurs de mieux se positionner dans cette nouvelle organisation de filière, en automatisant une partie de leurs activités commerciales pour renforcer par exemple la fourniture de nouveaux services aux restaurateurs.  

Dans d’autres contextes, le digital peut également renforcer la coordination entre acteurs de la supply chain. Zoua, startup cofondée par Jean-Paul Mvogo, propose ainsi des solutions pour favoriser les activités de vente, d’expédition et de logistique des agriculteurs sur le continent africain. En effet, alors qu’en Europe le gaspillage alimentaire est surtout réalisé lors de la distribution et de la consommation, il existe dans les pays émergents un enjeu majeur de coordination à l’intérieur des filières, autour de la définition des prix de vente et dans le cadre du transport des produits agricoles vers leurs lieux de vente. La mise en place d’une market place permet à Zoua de rassembler les offres de différents producteurs pour les répartir ensuite entre différents clients grossistes. Ce rôle d’intermédiaire leur permet de garantir des prix de vente satisfaisants aux agriculteurs et de proposer des solutions logistiques pour le transport de leurs produits.

À l’instar de Zoua et GOOT, d’autres startups mettent le digital au service de l’optimisation des transactions marchandes. C’est le cas par exemple de Meat B2B et We Eats. Dans une autre perspective, des entreprises comme Au Royaume des Dattes développent une supply chain adaptée à une démarche d’économie circulaire et zéro déchet.

Quelle est la place de l’innovation dans l’éducation au goût ? – Stéphane Pocidalo, cofondateur de Chef Bambino, Grégoire Torchio, responsable développement de Meal Canteen, Bérengère Boismain, designer Alimentaire et Innovation chez Carrefour, une table ronde animée par Mathieu Trystram, responsable de Tech Care, la plateforme santé de Paris&Co.

Mathieu Trystam, responsable de Techcare, la plateforme de Paris&Co spécialisée dans la santé, est parti d’un constat simple pour lancer cette seconde table ronde : alors que l’on dispose d’un nombre croissant d’outils pour appréhender l’alimentation dans sa dimension fonctionnelle, qu’en est-il de son appréciation en termes de goût, et de l’apprentissage de cette appréciation ?

Éduquer au goût, c’est avant tout faire (re)découvrir le vrai goût des aliments, notamment en les mettant en avant à leur état brut. Pour des palais habitués à des produits transformés ou plus sucrés, cette démarche doit effectivement faire l’objet d’un apprentissage, et ce à tous les âges. Chef Bambino propose ainsi des fables culinaires, destinées aux plus petits et à leurs parents, qui mettent en scène des recettes réalisées à partir de fruits ou légumes de saison.

La valorisation de la naturalité et des produits sains et de saison est au cœur de la proposition de valeur de plusieurs startups qui font leur entrée chez Smart Food Paris. Comète propose par exemple des produits gourmands à faible teneur en sucre et les Miraculeux fabriquent des compléments alimentaires sous des formats ludiques. Cette préoccupation peut être adaptée à tous les âges et à tous les membres de la famille, comme le démontrent les offres de Little Gustave et FamilEat. Le développement du secteur de la Pet Food, auquel se rattachent Entoma Petfood et Elmut, traduit bien la généralisation de ce type de questionnements liés à l’alimentation.

En ce sens, l’éducation au goût s’inscrit dans une approche plus large de l’alimentation, qui vise à valoriser des produits plus sains, moins transformés et contenant moins d’additifs. Elle passe donc aussi par une meilleure connaissance du circuit allant de leur production à leur consommation. C’est l’expérience qu’a faite Carrefour dans le cadre de la mise en place du programme Fraich’Kids, qui associe des écoles et des magasins autour de la découverte des produits de saison et de leurs modes de production. L’éducation au goût est donc aussi une éducation à la vue et au toucher, qui se fait sur le terrain.

Plusieurs startups de la promo 2019 proposent des expériences culinaires pour sensibiliser les citoyens aux enjeux écologiques ou de solidarité qui y sont associés, tels que Ventru et les Recettes Nomades.

Si l’éducation au goût passe par le contact avec les produits, on peut se demander le rôle que peut y jouer le recours au digital. Pour Meal Canteen, qui propose une solution de réservation en ligne de repas dans la restauration collective, il s’agit avant tout d’un outil permettant de diffuser au maximum les initiatives tout en personnalisant les expériences. Autant de canaux qui permettent, à terme, de rendre les expériences de terrain les plus percutantes possible.

De l’optimisation des circuits d’approvisionnement à leur mise en avant pour favoriser la connaissance des produits et valoriser des modes de production vertueux, il n’y a donc qu’un pas, mais aussi une multitude de défis qui seront au cœur des réflexions de Smart Food Paris pour l’année à venir !

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