Delekt

En bref

  • Date de création :

    26 octobre 2020
  • Date d'incubation :

    Juin 2021
  • Fondateurs :

    Augustin Mortemard de Boisse, Arthur Veyron La Croix et Pierre-Louis Garnier
  • Site internet :

    https://delekt.fr/

Delekt, le premier restaurant virtuel et collaboratif responsable de Paris

Quel est le concept de Delekt en quelques mots ?

Augustin : Delekt est le premier restaurant virtuel et collaboratif responsable de Paris, où chaque convive reçoit chez lui le même dîner 100% fait maison, cuisiné le jour-même par un chef de son quartier à partir de produits frais et de saison.

Comment est née l’idée de ce projet ?

Augustin : Delekt c’est l’histoire de trois amis lyonnais d’enfance, Arthur, Pierre-Louis et moi-même. Nous nous sommes installés en colocation à Paris en septembre 2020, avec pour projet de proposer à nos voisins de cuisiner pour eux.

Arthur : Nous avons livré nos 8 premiers couverts le lendemain de notre installation et, ensuite, tout est allé très vite. La semaine suivante nous faisions 15 couverts dans l’immeuble, puis 45 avec l’immeuble d’en face, puis 150 couverts dans l’ensemble du quartier en seulement quelques semaines… tout cela avec l’aide précieuse des deux premiers chefs que nous avions recrutés et qui cuisinaient le même dîner le même jour depuis chez eux. De fil en aiguille, nous avons dupliqué le concept à grande échelle et nous couvrons aujourd’hui 4 zones de livraison : Paris 16e, Boulogne-Billancourt, Vanves et Issy-les-Moulineaux. Nous livrons du lundi au vendredi grâce à 50 chefs passionnés de cuisine et, depuis le début de l’aventure, nous avons servi ensemble un peu plus de 7000 dîners.

Quel enjeu de société souhaitez-vous adresser ?

Augustin : Aujourd’hui, lorsque l’on souhaite commander un dîner c’est souvent un burger, une pizza ou des sushis, sur des grandes plateformes de livraison, mais c’est plus compliqué de se faire livrer un bœuf bourguignon, un tajine, un poulet au citron ou une tartelette aux pommes maison. Grâce à Delekt, nous rendons accessible au plus grand nombre le fait-maison.

Arthur : Delekt c’est aussi un projet de quartier dans lequel le lien social est essentiel. Nos convives sont livrés sur le pas de leur porte par le chef le plus proche de chez eux en personne et, surtout, avec le sourire. Un lien se crée inévitablement entre eux car ils sont amenés à se revoir à chaque livraison, chaque semaine et ce tout au long de l’année.

Dès le départ, nous avons souhaité mettre en place une livraison plus éthique et conviviale, à l’opposé de ce que propose les géants de la livraison, à savoir un livreur en scooter qui attend votre commande devant une dark kitchen et vient ensuite vous livrer en bas de l’immeuble.

Quel est le profil de vos chefs et comment les recrutez-vous ?

Arthur : Nos chefs sont des traiteurs-indépendants qui ont déjà tous un pied dans le monde de la cuisine et l’envie de faire découvrir leurs talents culinaires à leurs voisins. Leurs profils sont variés : étudiants d’écoles hôtelières, chefs à domicile, anciens restaurateurs, professeurs de cuisine ou encore en reconversion professionnelle.

Augustin : Nous les recrutons avant tout sur la base de leurs compétences et de leur adéquation avec nos valeurs. Après un premier échange téléphonique, nous nous rendons chez eux pour inspecter leur cuisine et nous assurer qu’ils travaillent dans un environnement sain et viable pour notre activité. Nous profitons de cette visite pour déguster leurs plats et discuter avec eux puis, assez rapidement, nous les mettons en test avec nous. Ensuite, selon le degré d’implication et de satisfaction, nous les invitons à rejoindre notre brigade.

Arthur : Cette brigade de chefs soudés et investis à nos côtés est vraiment notre plus grande fierté chez Delekt ! Nous faisons régulièrement des apéros après les services, nous sommes tous sur un même groupe WhatsApp où nous échangeons des conseils de cuisine ou de dressage…

Augustin : Nous démarrons aussi chaque service en visio tous ensemble, pour présenter le menu du jour, donner les indications techniques pour les recettes, présenter les dernières actualités de Delekt, et ensuite chacun se met en cuisine. 
Parfois, nous aimerions bien emmener nos clients en coulisses pour qu’ils se rendent compte de ce qu’il y a derrière leur assiette, à savoir des ingrédients de qualité cuisinés et dressés avec amour par des chefs passionnés !

Comment fidélisez-vous d’ailleurs vos clients ?

Augustin : Nous avons mis en place la carte fidelekté ; c’est une carte prépayée de 10 repas à 13,50€ au lieu de 15€, sans date d’expiration, que l’on peut utiliser à son rythme !

Arthur : Cela nous permet de proposer des tarifs qui deviennent réellement concurrentiels sur le marché de la livraison et nous remplissons ainsi notre mission de rendre le fait-maison accessible.

Pouvez-vous me présenter plus en détail votre offre et la manière dont vous êtes organisés ?

Augustin : Nous proposons un menu unique chaque jour, en formule entrée/plat ou plat/dessert à 15€ avec la livraison offerte. Les menus de la semaine sont mis en ligne chaque vendredi sur notre plateforme et les commandes sont ouvertes jusqu’à la veille minuit.
Nous avons une identité culinaire essentiellement française et traditionnelle, avec des recettes de grands-mères comme le hachis parmentier, le bœuf bourguignon ou encore la blanquette de volaille, mais nous proposons aussi parfois des recettes plus exotiques.

Arthur : Nos chefs s’inscrivent le dimanche soir sur le planning de la semaine et nous redistribuons ensuite chaque jour les commandes reçues sur notre plateforme aux chefs disponibles. Ensuite, chaque matin de service, nos chefs sont approvisionnés en produits ultra-frais et de qualité par notre partenaire Monmarché.fr (Grand Frais) puis ils cuisinent depuis chez eux et livrent leurs voisins à pied ou à vélo entre 19h et 20h.

Augustin : Nous avons vraiment souhaité internaliser toute la chaîne de valeur, avec un modèle rentable dès le premier dîner. En confiant la livraison au chef, nous supprimons ce tiers de livraison qui engendre des frais importants, et nous les réinvestissons directement dans la rémunération du chef.

Arthur : Aujourd’hui, pour faire face à la demande et aux commandes excentrées, nous avons dû faire appel à un service de livraison en complément mais, à terme, lorsque nous aurons suffisamment de chefs pour couvrir l’ensemble de notre zone de chalandise, ce tiers de livraison sera amené à disparaître. Nous travaillons avec l’entreprise boulonnaise Happy Porteur qui assure l’ensemble de ses livraisons à vélo cargo et où chaque livreur reçoit un salaire fixe.

Quels sont vos projets pour la suite ?

Arthur : Nous avons hâte d’ouvrir notre service aux déjeuners, livrés au bureau ou à domicile, puis d’étendre notre zone de chalandise dans les 15e et 17e arrondissements, mais nous avons encore besoin d’éprouver et performer notre modèle.

Quels sont les principaux défis que vous avez rencontrés ?

Augustin : Notre plus grand défi a été de réussir à mettre en place une logistique huilée qui nous permette de livrer des menus préparés par des traiteurs indépendants à des particuliers sans sortir de chez nous. Cela nous a pris plus d’un an et nous avons dû expérimenter de nombreux modèles avant d’arriver à celui que nous avons aujourd’hui.

Arthur : Et, un autre défi important pour nous aujourd’hui est de réussir à faire connaitre plus largement notre offre, d’acquérir de nouveaux clients et de trouver notre place sur un marché dominé par trois mastodontes que sont Deliveroo, Uber Eats et Just Eat.

En prenant de la hauteur sur cette première année d’entrepreneuriat, quel est le conseil que vous auriez aimé que l’on vous donne lorsque vous vous êtes lancés ?

Arthur : La première leçon que je tire et dont je parle à chaque fois, c’est de ne jamais entreprendre seul car la charge mentale de l’entrepreneur est vraiment titanesque… Il y a tellement de montagnes russes qu’il est indispensable d’être accompagné par des associés solides pour tenir le choc !

Augustin : De mon côté, ce que je retiendrai de cette première année, c’est qu’à chaque problème existe une solution, c’est juste une question de temps, de volonté, et d’un peu de chance aussi parfois !

Pour quelles raisons avez-vous souhaité rejoindre Smart Food Paris ?

Arthur : Nous avons avant tout souhaité rejoindre Smart Food Paris pour bénéficier d’un cadre de travail structurant et rassurant. Nous avons créé Delekt à la sortie de nos études, à 25 ans, et nous étions arrivés à un stade du projet où nous avions fondamentalement besoin de sortir de chez nous, d’aller à la rencontre d’acteurs du secteur, d’échanger avec des entrepreneurs qui rencontrent les mêmes problématiques que nous… et de nous appuyer sur tous ces conseils, ces compétences et expertises externes. 

 

Bandeau Portrait Food

Si vous étiez un plat, quel serait-il ?

Augustin : Une tartiflette !

Arthur : Une côte de bœuf accompagnée de pommes de terre grenaille.

Si vous étiez un ustensile, quel serait-il ?

Arthur : Je dirais une cuillère car j’arrondis souvent les angles !

Augustin : Je dirais plutôt que tu es un batteur car tu cogites énormément et tu as toujours plein d’idées !

Arthur : Et toi, comme tu es au front avec tous les clients, tu serais un tablier… mais blanc et sans aucune éclaboussure car nos clients sont toujours satisfaits ;)

Si vous étiez un condiment, quel serait-il ?

Arthur : Le basilic est de loin l’herbe aromatique que je préfère car elle apporte beaucoup de fraîcheur aux plats !

Augustin : Et moi je serais du piment !

Quelle est votre madeleine de Proust ?

Arthur : Les pommes de terre à la Mutti, c’est un plat légende dans ma famille, qui porte le surnom de ma grand-mère.

Augustin : Le pot-au-feu, c’est le plat de prédilection de mon père le dimanche midi. Lorsqu’il souhaite que ses enfants rentrent le voir le week-end, il lui suffit de nous dire qu’il prépare un pot-au-feu et il est sûr d’avoir ses 4 enfants avec lui à table !

Avez-vous un livre de recettes, une émission culinaire, un podcast ou un chef qui vous inspire ?

Augustin : Nous aimons beaucoup Alain Passard et sa cuisine. D’ailleurs s’il lit cette interview, nous le saluons… et nous viendrons fêter notre première levée de fonds à l’Arpège !

Arthur : De mon côté, je recommande la série Chef’s Table sur Netflix, dont un épisode est d’ailleurs consacré à Alain Passard.

Auriez-vous un bon plan food à nous conseiller à Paris ou en région parisienne ?

Augustin : Dernièrement j’ai essayé un concept assez marrant et surprenant à côté de chez Smart Food Paris, le restaurant Mangez et cassez-vous, avec des burgers 100% fait-maison à 3 euros, que l’on peut manger sur place ou à emporter.

Arthur : Et nous avons une deuxième recommandation pour les amateurs de crustacés et de vin blanc, c’est le restaurant Crabe Marteau dans le 17e (16 Rue des Acacias). Les tourteaux y sont servis avec un marteau, donc tu te retrouves dans une salle avec une cinquantaine de personnes qui tapent sur des crabes avec des grands tabliers, c’est assez drôle !