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La fondatrice de Too Good To Go, Lucie Basch s’associe à Carrefour dans le cadre du projet Act For Food

#Incubation

La fondatrice de la fameuse startup anti-gaspillage, incubée en 2016 par Smart Food Paris, intègre le comité d’orientation alimentaire de Carrefour.

Too Good To Go, startup incubée en 2016 pour la première promotion de Smart Food Paris, propose une solution innovante pour réduire le gaspillage alimentaire. Cette application met en relation commerçants qui ne veulent plus jeter leurs invendus en fin de journée et utilisateurs qui deviennent des héros anti-gaspillage en récupérant ces invendus à prix réduits.

Lucie Basch, fondatrice de cette startup, vient d’intégrer le comité d’orientation alimentaire de Carrefour créé dans le cadre de leur Projet Act for Food. Ce dernier consiste en un programme mondial regroupant les différentes initiatives permettant de garantir une meilleure alimentation à ses clients.

 

A 26 ans, vous venez d’intégrer le comité d’orientation alimentaire de Carrefour, l'un des plus grands distributeurs alimentaires du monde, dans le cadre de leur projet Act For Food. Quelle sensation cela vous procure-t-il ?

Je trouve cela hyper excitant. Si j’arrive à faire bouger un groupe de l’intérieur c’est une vraie consécration. Là, pouvoir être au contact du plus gros groupe de distribution alimentaire, c’est juste parfait ! C’est ça qui est intéressant avec le digital, les choses peuvent aller très vite. Si j’étais passé par les chemins classiques, avec une carrière où il faut monter les échelons un à un, j’aurais mis 20 ans. Après, on verra ce qu’il en ressortira. A partir du moment où nous donnons de notre temps, nous ne voulons pas que ce soit uniquement de la communication. Nous voulons que les choses bougent. Même s’il s’agit de quelques mètres, ce serait déjà énorme !

 

Quel est votre rôle exact dans ce comité ?

Le but de ce comité pour Carrefour est de réunir des experts de la food d’horizons différents. Il y a un chef, Jean Imbert, une cancérologue, Caroline Robert mais aussi des industriels et ingénieurs. En tant que fondatrice de Too good To go, je suis la représentante de l’économie sociale et solidaire. J’essaye d’apporter un nouveau mode de réflexion. Le but est vraiment de repenser la food de demain.

 

Comment s’organise opérationnellement parlant ce comité ?

Nous sommes au tout début. L’idée est de définir ensemble le format qu'il va prendre. Le plus compliqué pour le moment est de trouver une date qui convienne à tout le monde.Carrefour nous expose ses idées et vers où il veut se diriger. En fonction de ses propositions, on essaye d’apporter des pistes d’amélioration et de les orienter vers plusieurs solutions. Le but est de leur apporter une nouvelle vision, de les challenger et de remettre en cause le modèle existant.  

 

Pensez-vous que cela puisse avoir des répercussions significatives pour réduire le gaspillage alimentaire - votre cheval de bataille - d’un si grand groupe ?

Je pense sincèrement qu’il est essentiel qu’un acteur comme Carrefour prenne position. Sensibiliser les grands acteurs fait aussi partie des missions de Too Good To Go. Je ne suis pas en mesure de me porter garante de l’engagement de Carrefour mais nous avons vraiment le besoin de leur donner cette chance et d’y croire. Aujourd’hui nous n’avons pas le choix, il faut qu’ils fassent quelque chose et le rôle de Too Good To Go est d’être ouvert et d’aider les industriels à prendre conscience de ces enjeux et à agir. 

 

Depuis quand remontent vos relations avec Carrefour ? Comment vous ont-ils contacté pour intégrer ce comité ?

Cela fait environ deux ans que je suis en contact avec Carrefour que ce soit lors de tables rondes, de mises en relation, de concours... Notamment via Smart Food Paris ? Nous avons eu beaucoup d’interactions de natures différentes. Un jour Laurent Vallée, le secrétaire général du groupe, m’a appelée pour que l’on se rencontre. Je pense que mon profil lui a plu car j’ai eu des expériences dans les divers maillons de la chaine alimentaire. Ingénieur de formation, puis salariée chez Nestlé avant de créer Too Good To Go, j’ai conscience des enjeux à chaque niveau. Mon parcours était pertinent pour intégrer le comité et apporter une plus-value.

 

A plus long terme, quelles synergies envisagez-vous avec Carrefour ?

 Nous travaillons déjà avec eux et continuons ce travail. Nous sommes actuellement en train de finaliser le contrat pour mettre la solution de Too Good To Go sur l’ensemble de leur parc de magasins.

 

Lancée il y a deux ans, quels ont été les clés de la réussite pour Too Good To Go?

Un peu de tout mais surtout une super équipe. Nous sommes tous soudés et réunis autour des mêmes valeurs. Nous nous battons pour une cause commune et on veut se donner à fond. Je pense que ce qui fait la différence, c’est que nous voyons notre travail comme un vrai investissement et non comme un travail qui nous permet seulement de rapporter de l’argent et vivre. D’un point de vue managérial, chacun prend des initiatives. Je n’ai pas la sensation de pousser 40 personnes mais d’avoir 40 personnes à mes côtés avec qui j’avance de front pour faire bouger les choses. 

 

Vous avez été incubée chez Smart Food Paris à vos débuts. Que vous a apporté cet accompagnement ?

C’était très bien sur la partie network, à la fois avec les partenaires mais aussi les institutionnels. Nous avons pu rencontrer toutes les mairies de Paris. Nous avons été invités à pleins d’événements. J’ai également eu l’opportunité de rencontrer Anne Hidalgo. Pour se faire connaître dans l’écosystème parisien, c’est une vraie opportunité d’être chez Smart Food Paris.   

 

Quelle est la suite des événements pour vous ?

Notre mot d’ordre c’est « toujours plus vite ». Nous avons une vraie énergie ! Nous essayons de faire aujourd’hui tout ce que nous devons faire demain. Actuellement, nous avons 4 000 commerçants partenaires mais nous savons que nous pouvons en avoir 100 000. Donc notre objectif c’est d’arriver dès que possible à ce chiffre et de s’engager toujours davantage auprès d’industriels, de distributeurs, de producteurs, de la société civile et du gouvernement pour faire bouger les lignes et lutter contre le gaspillage alimentaire au niveau national !

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